Elisabeth Dupin-Sjöstedt

Sculpteur - Céramiste

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Sculpture du mois

Oiseau turquoise 35cm haut
Oiseau turquoise 35cm haut

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L'histoire en témoigne : il n'est de culture prétendument spécifique qui n'ait emprunté à maintes civilisations passées ou présentes, et cela, tout particulièrement en matière d'arts plastiques.

Consciente de cet amalgame dont elle se reconnait héritière, cette femme sculpteur se fait-elle une règle impérative de penser ses oeuvres selon une projection spirituelle embrassant le temps et l'espace. Ce dont témoigne ses figures hiérartiques ou dynamiques intemporelles, portant les marques du génie antique gréco-romain, égyptien et assyrien dont cette artiste aura extrait une synthèse transposée en termes personnels.

Laissons lui la parole : "Mes formes ont toutes en commun ce qui me semble être le sens de la beauté et de l'authenticité dont un lien étroit lie ces peuples à la nature, à la religiosité et fait leur force." Ce en quoi les voyant, nous ne saurions douter.

J. Dubois
ARTS ACTUALITES MAGAZINE


Les grès d'Elisabeth Dupin-Sjöstedt trouvent leurs racines dans différentes cultures. On dirait presque des personnages de BD, sortis en partie, de la matière. Les expressions des visages sont d'une grande sensibilité...A découvrir

LA PRESSE D'ARMOR
12 juillet 2006


Des sculptures en ivoire ? Non en terre ! Le travail extraordinaire entrepris sur cette matière par cette jeune femme donne en effet cette impression troublante.

LUBERON au coeur de l'été
Août 2006


Elisabeth Dupin-Sjöstedt , Sculptrice - invitée d’honneur

L’inspiration naît d’un visage

Elisabeth Dupin-Sjöstedt dessine depuis l’enfance. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours dessiné. Des visages. Toujours des visages qu’elle griffonnait comme une obsession dans la marge de ses cahiers d’écolière. Les gens l’ont toujours attirée même si, nous confie-t-elle : « Certains visages sont moins intéressants que d’autres». Alors, elle les regarde, les observe. Mais ce n’est pas si facile d’observer ouvertement quelqu’un… Alors, elle a appris à le faire sans que cela gêne.

Aujourd’hui encore, la base de ses sculptures reste le visage. Avant de se mettre à l’ouvrage, elle laisse venir les gestes, la terre se mêler de l’œuvre en devenir. Si la terre désapprouve ce que tente l’artiste, elle se manifeste. Tout va de travers. Elle peut même se briser. L’accord de l’univers tout entier est indispensable à la parfaite réalisation d’une sculpture. « Chaque être est spécifique, ajoute-t-elle, c’est cette spécificité que je veux montrer. Je cherche à capter un visage, un geste, une attitude qui traduit l’essence de chacun ». Nous pourrions aussi parler de beauté, discret mélange d’authenticité, d’humanité, d’harmonie… L’artiste tend à être belle d’une beauté répondant à ces critères là.

L’Etre Humain est donc sa première source d’inspiration. Le visage -nous l’avons dit-, le reste du corps, longiligne, étant généralement couvert d’un long vêtement. Il arrive que de grandes mains pendent, ballantes, jusqu’aux genoux. Mais l’Etre Humain vit en adéquation avec ce qui l’entoure. Il est étroitement lié à la Nature et au Sacré. Alors, E. Dupin Sjöstedt s’intéresse aussi à la racine des cultures, aux différentes ethnies qui peuplent ou ont peuplé notre terre, à leurs manières si diverses d’aborder le Sacré, leur quête spirituelle.

Formée à l’Ecole du Louvre, Arts et Archéologie à Paris IV, elle puise aussi l’inspiration au cœur des civilisations passées, disparues ou même à venir qu’elle invente ou réinvente de manière toute personnelle d’où la belle patine qu’elle donne à ses œuvres, usant de pigments, de cire ou de laque. Ses œuvres évoquent nos musées de l’Antiquité, nous rapprochent de l’histoire gréco-romaine, assyrienne ou égyptienne. Certains regards, plus futuristes, semblent venir d’un autre monde, parallèle, plonger au plus profond des univers.

Au Salon d’Elbeuf, vous pourrez admirer le couple Ismaël et Awa dont les corps voilés de longues robes sont surmontées de toutes petites têtes, le grand raffinement des Amants montés sur échasses, un Petit cheval et un Grand chamal aux longues pattes sur un petit corps évoquant l’antiquité, un magnifique buste de La princesse Zenab, une Tête d’Astyanax très ouvragée (comme tous les visages modelés par l’artiste), un Visage vert qui rappelle le monde parallèle des lutins, un Porte-poisson longiligne et très épuré, un mystérieux Visiteur blanc, Mire de la nuit, petit elfe volant.

L’Etre Humain est aussi représenté en groupe, immobile ou en mouvement. Citons pour exemple, En attendant l’Orient-Express, famille dont les membres blottis les uns contre les autres semblent enveloppés dans un unique cocon, quatre Personnes (bleue, avec panthère, chapeau ou chignon) dont les petites têtes surmontent un très long corps, un Grand bal des saltimbanques ou Un petit saltimbanque, jeux de cirque doucement colorés avec ajouts de tissus peints à l’aide de pigments pour donner au spectateur une impression de rouille, quatre auditeurs verts, personnages attentifs, assis les uns près des autres.

L’œuvre achevée, Elisabeth Dupin-Sjöstedt oublie qu’elle en est l’auteur. Elle la regarde avec détachement. Elle redevient une spectatrice comme les autres. Du coup, elle s’étonne elle-même du résultat.

Elisabeth Le Borgne